C’est le rendez-vous incontournable de ce début d’année — juste après le Salon International de l’Agriculture bien sûr 😉 Pour la troisième année consécutive, l’équipe d’XAnge a le plaisir de vous partager son mapping des startups de l’Agritech française.

Leur développement est ininterrompu depuis 2014 et révèle la soif d’innovation d’une filière agricole impactée dans son ensemble par des transformations importantes. Les tendances de fonds, relevées à l’occasion des mappings précédents, restent stables :

  • les consommateurs sont de plus en plus consciencieux de ce qu’ils mettent dans leurs assiettes,
  • le changement climatique bouleverse les méthodes de cultures et de production,
  • la concentration des populations dans les zones urbaines pose des questions d’acheminement,
  • et les innovations technologiques permettent de nouvelles applications pour le monde agricole.

Nous notons deux évolutions principales dans le secteur :

  • Quelle que soit leur taille, les acteurs de la filière ont pris conscience de la qualité et de la valeur que peuvent leur apporter les solutions technologiques créées pour eux sur le marché. Le taux d’équipement progresse inlassablement.
  • Le volume et les montants des levées de fonds sont en progression depuis 2014. Quelques exemples parmi d’autres : Naïo Technologies qui vient de lever 14 millions d’euros pour ses robots agricoles, Farmwise et son agribot désherbeur on levé 14,5 millions de dollars, et un peu plus tôt en 2019 Sencrop levait 10 millions de dollars auprès du fonds US The Yield Lab.

L’agridata, une priorité stratégique à tous les niveaux

C’est le challenge principal qui a émergé depuis 2017 : Comment les différentes parties prenantes du monde agricole (agriculteurs, capteurs, outils d’aide à la décision, coopératives, équipementiers,…) peuvent protéger et partager leurs données.

Les innovations agricoles arrivent à un niveau de maturité qui nécessite des plateformes de mutualisation des data agricoles pour maximiser leur valeur ajoutée auprès des agriculteurs. En parallèle, ces derniers prennent conscience que les données qu’ils génèrent et récoltent ont de la valeur.

On voit donc émerger de nouvelles initiatives pour adresser le sujet comme Api-Agro qui développe une plateforme d’échange des données agricoles, ou l’initiative OKP4 qui travaille sur un protocole basé sur la blockchain pour gérer le consentement et la valorisation de la donnée agricole. La question, toutefois, est de savoir si les uns et les autres accepteront de mutualiser ces données avec la filière.

Lire aussi : Agricool inaugure sa première ferme urbaine, à La Courneuve

Responsabilité, transparence et performance sont les mots d’ordre

1. Changer nos modes de consommation et de production

La réduction de la consommation de protéines a un nouveau porte étendard français qui peut tirer toute la filière vers le haut : Ynsect, qui vient de lever 110 millions d’euros. En parallèle, le hardware arrive à maturité grâce aux avancées technologiques des voitures autonomes : Naio et Farmwise développent des robots désherbeurs autonomes, une alternative viable au glyphosate pour préserver nos sols.

2. Garantir la traçabilité des produits et la fiabilité des informations

De la fourche à la fourchette, les consommateurs veulent savoir ce qu’ils mangent. Le succès viral de Yuka met en avant cet évolution de consommation et lance un gros défi à la filière alimentaire qui (et on retrouve les enjeux d’agridata) doit s’appuyer sur des données fiables et de qualité. Pour cela, des startup font le pari ambitieux de tracer les données grâce à la blockchain. C’est le cas, par exemple de Connecting Food.

3. Optimiser la performance de la production et des rendements

Comment produire plus et plus proche des villes en évitant l’utilisation d’intrants ? Les fermes verticales sont un sujet qui monte en Europe comme aux Etats-Unis. En France, l’un des précurseurs est Agricool, qui a levé 25 millions d’euros fin 2018. L’agriculture de précision est l’autre défi. Pour cela les enjeux de partage de la donnée et leur interopérabilité sont là encore primordiaux. Karnott, par exemple, permet d’assurer le suivi des interventions agricoles grâce à son boitier connecté.

L’écosystème se consolide

Pour finir, une petite note sur le dynamisme de l’écosystème qui se structure autour de nombreux acteurs de l’accompagnement : Les Champs des Possibles (Châteaudun), le Bivouac Agricole (Clermont-Ferrand), 33 Entrepreneurs et LesParcelles Coworking (Bordeaux), shakeupfactory à StationF, le Village by CA et le fonds CapAgro (Paris), le Studio agrodigital d’InVivo Agriculture, les laboratoires liés à l’ESA d’Angers, le cluster La Ferme Digitale, l’association Co-farmingValeur Tech ou encore les appels à projets AgriNEST de BusinessFrance et Innov’Action des Chambres d’Agriculture.

Avec plus de 250 startups agritech identifiées nous avons fait le choix de présenter les principales catégories dans lesquelles XAnge investit, ce mapping n’est donc pas exhaustif. Si vous avez des idées de sociétés qu’il manque ou sont mal placées, n’hésitez pas à nous en informer sur bit.ly/mapping-agritech

Un grand merci à Léa de CofarmingFabrizio du cabinet conseil Agtech Valeur-TechGabrielle ThomasLéa Philippot et Alexis du Peloux pour leur aide dans la réalisation de cette analyse.

Écrit par Rédacteur