janvier 29, 2020 Maroc Pas de commentaire

Le roi Mohammed VI a présidé, ce 27 janvier au palais royal de Rabat, une cérémonie de présentation du nouveau programme intégré de financement des entreprises.

Mohammed VI a présidé, lundi 27 janvier au palais royal à Rabat, la cérémonie de présentation du “Programme intégré d’appui et de financement des entreprises” et de signature des conventions y afférentes.

À cette occasion, le roi a reçu en audience le ministre de l’Économie, des finances et de la réforme de l’administration, Mohamed Benchaâboun, le wali de Bank Al-Maghrib, Abdelatif Jouahri, et le président du Groupement professionnel des banques du Maroc (GPBM), Othman Benjelloun. Une audience au cours de laquelle Benchaâboun a remis au roi des documents relatifs à ce programme.

Par la suite, et lors d’une cérémonie à la salle du trône, Mohamed Benchaâboun a prononcé une allocution dans laquelle il a souligné que juste après le discours du Souverain à l’ouverture de l’actuelle session parlementaire, le 11 octobre dernier, plusieurs réunions entre le gouvernement, Bank Al-Maghrib et le secteur bancaire ont été tenues, donnant lieu à l’élaboration du “Programme intégré d’appui et de financement des entreprises”.

Création d’un Fonds d’appui au financement de l’entrepreneuriat
Ce programme s’articule autour de trois axes principaux, à savoir le financement de l’entrepreneuriat, la coordination des actions d’appui et d’accompagnement de l’entrepreneuriat au niveau des régions, et l’inclusion financière des populations rurales, a poursuivi Mohamed Benchaâboun, notant que ce programme comporte plusieurs mesures destinées à contenir et à dépasser les difficultés qui entravent l’accès au financement des jeunes porteurs de projets et des très petites et petites entreprises.

Le ministre de l’Économie a affirmé qu’il a été procédé à la création d’un Compte d’affectation spéciale, “Fonds d’appui au financement de l’entrepreneuriat”, dans le cadre de la loi de finances 2020. “Ledit fonds est doté d’une enveloppe de 6 milliards de dirhams répartie sur une durée de trois ans, financée à parts égales par l’État et le secteur bancaire”, a-t-il précisé.

Ce fonds, qui mobilise d’importantes ressources financières, bénéficiera principalement aux jeunes porteurs de projets et aux petites et moyennes entreprises afin de leur permettre d’accéder au financement, outre le soutien des entreprises actives dans le domaine de l’export, a ajouté Mohamed Benchaâboun, faisant observer qu’il favorisera également une intégration économique et professionnelle des travailleurs du secteur informel.

Il s’agit, selon le ministre, d’un nouveau cadre incitatif et intégré, basé sur des dispositifs de garantie, de financement, de capital investissement et d’assistance technique, mis en place au profit des très petites entreprises, des petites et moyennes entreprises, des jeunes porteurs de projets et jeunes entreprises innovantes, et des autoentrepreneurs, outre la révision et l’amélioration de l’appui destiné aux entreprises exportatrices, notamment en direction de l’Afrique.

27.000 nouveaux postes d’emplois
Benchaâboun a assuré, à cet égard, que son département adoptera, en collaboration avec Bank Al-Maghrib et le secteur bancaire, une approche davantage volontariste, notamment en termes de simplification des procédures, de facilitation des conditions de garanties en éliminant les garanties personnelles, et de réduction des coûts des crédits, faisant savoir que ce programme “contribuera chaque année à la création d’environ 27.000 nouveaux postes d’emplois, et à l’accompagnement de 13.500 entreprises supplémentaires”.

Pour assurer plein succès à ce programme, Mohamed Benchaâboun a indiqué qu’il sera procédé à la création de commissions au niveau des régions, qui seront chargées de la coordination et du suivi de l’exécution des mesures relatives à l’accompagnement entrepreneurial.

Il a, en outre, indiqué que le ministère de l’Économie, des finances et de la réforme de l’administration œuvrera avec Bank Al-Maghrib à l’accélération de la mise en application de la stratégie nationale d’intégration financière, soulignant que les parties concernées œuvreront, dans un premier temps, au renforcement de leur action dans le monde rural.

De même, le ministère de l’Économie, des finances et de la réforme de l’administration veillera, en coordination avec Bank Al-Maghrib, au suivi de la mise en œuvre de ce programme, à travers l’établissement de rapports périodiques qui seront soumis au roi, a-t-il conclu.

Mécanisme de refinancement
Intervenant à cette occasion, le wali de Bank Al-Maghrib, Abdelatif Jouahri, a fait observer que la banque centrale a, dans le cadre de la mise en œuvre, globale et intégrale, des hautes orientations royales contenues dans le discours royal à l’occasion de l’ouverture de la session parlementaire d’automne de l’année 2019, adopté un ensemble de mesures, notamment la mise en place d’un mécanisme de refinancement illimité de la part de Bank Al-Maghrib de tous les crédits bancaires accordés aux catégories évoquées par le roi dans ce discours, qu’il s’agisse de crédits de fonctionnement ou d’investissement.

Ce mécanisme de refinancement bénéficiera également aux financements adressés au secteur agricole et aux projets réalisés en milieu rural, a précisé Abdelatif Jouahri, notant que ce mécanisme vient s’ajouter au programme spécial mis en place en 2012 par Bank Al-Maghrib et relatif au refinancement direct des crédits bancaires accordés aux très petites, petites et moyennes entreprises.

Il s’agit aussi de l’application d’un taux d’intérêt préférentiel de 1.25 % dans le cadre du mécanisme de refinancement des banques des catégories cibles, soit 100 points de moins que le taux directeur de Bank Al-Maghrib, et la réduction des exigences en fonds propres dans le cadre des règles de précaution appliquées aux banques en ce qui concerne les crédits qu’elles accordent à ces catégories, a-t-il dit.

Abdelatif Jouahri a aussi indiqué que Bank Al-Maghrib avait procédé, en collaboration avec le ministère de l’Économie, des finances et de la réforme de l’administration et le GPBM, à l’élaboration d’un modèle des rapports détaillés qui seront soumis par les banques et qui permettront de suivre, de façon précise, les indicateurs relatifs aux différentes catégories de crédits, leur répartition géographique et sectorielle et, le cas échéant, les raisons de refus des crédits.

Abdelatif Jouahri a, en outre, fait observer que le succès de ce programme est la responsabilité de tous les acteurs concernés, notamment le secteur bancaire, les établissements publics, et particulièrement des citoyens bénéficiaires qui doivent s’engager d’une façon positive dans ce programme et veiller à honorer leurs engagements.

Garantie pouvant atteindre 80 % du montant du crédit
Dans une allocution similaire, le président du GPBM, Othman Benjelloun, a assuré que le secteur bancaire s’engage à contribuer à hauteur de 3 milliards de dirhams, a parts égales entre le secteur bancaire et l’État, au “Fonds d’appui au financement de l’entrepreneuriat”.

“Chacune des banques s’engage à mettre au service des jeunes porteurs de projets et des petites et moyennes entreprises tout l’accompagnement dans la durée qu’ils requièrent, en termes de proximité, d’écoute, d’assistance à la structuration, de formation ou de conseil, dans tous les secteurs économiques et de toutes les régions du royaume”, a-t-il souligné. Et d’ajouter : “Les Banques prennent l’engagement que les produits offerts aux jeunes entrepreneurs seront simples d’accès et d’utilisation, grâce à des procédures allégées de constitution et de garantie, bénéficiant d’une gratuité, au départ, des frais de constitution des dossiers, ainsi que de faibles taux d’intérêt, grâce à un taux de refinancement privilégié consenti aux banques par Bank-Al Maghrib.”

“L’engagement des banques est également que les délais de réponse aux entrepreneurs ne dépassent pas trois semaines”, a poursuivi Benjelloun, notant que “ces délais seront d’autant plus facilités que les banques se verront confier par la Caisse centrale de garantie la délégation d’octroi de garantie pouvant atteindre jusqu’à 80 % du montant du crédit.”

Les entrepreneurs verront leur accès élargi aux différents guichets bancaires et aux services financiers en général, grâce à un plus grand maillage des localités non encore desservies, grâce aux outils technologiques tels que le Mobile Banking, ainsi qu’à la Microfinance et la MicroAssurance, a-t-il assuré.

“La réussite de ce dispositif réside tout autant dans l’accompagnement individuel mené aux niveaux local, régional et national, par les Centres régionaux d’investissement, la Caisse centrale de garantie et l’Agence Maroc PME”, a relevé Othman Benjelloun.

Écrit par Rédacteur